À propos Contact Plan du site

9 septembre 2005 - 4 décembre 2005

Présentation

Le Musée d’histoire contemporaine de la BDIC présente l’exposition « Des slogans et des signes : l’affiche polonaise de 1945 à 2004 » qui réunit près de 160 affiches illustrant l’exceptionnelle créativité des graphistes polonais. Aux pièces les plus significatives de son fonds polonais, s’ajoutent une trentaine d’œuvres prêtées par le Musée de t’affiche de Wilanow à Varsovie et par la Bibliothèque Forney. Première grande rétrospective consacrée à l’histoire de l’affiche polonaise, à l’évolution de la création graphique en Pologne et à la relation entre les artistes et les pouvoirs politiques, cette manifestation prolonge la Saison polonaise en France en s’attachant à montrer l’art graphique polonais dans son ensemble et dans une perspective historique large.

Créations d’avant-garde justement réputées, les affiches polonaises, outre leur Force plastique, sont des objets historiques, porteurs des signes complexes d’une société présentée trop souvent comme d’un seul tenant. C’est à cette découverte qu’invite l’exposition en proposant au public un parcours dans l’imaginaire social mais aussi dans les codes graphiques d’un pays au riche passé culturel.

L’exposition « Des slogans et des signes » offre ainsi un large éventail de la création graphique de 1945 à 2004 en présentant des artistes internationalement reconnus comme Henryk Tomaszewski, Jan Lenica, Roman Cieslewicz, Tadeusz Trepkowski, Waldemar Swìerzy, Jan Mlodozeniec, Franeiszek Starowieyski. Andrzej Pagowski, Jan Sawka, Eugeniusz Get-Stankiewicz, Jan Jaromir Aleksnm, Slasys Eidrigevieius, W. Sadowski, M. Gorowski, et ce jusqu’aux jeunes créateurs récents : Maciej Buszewicz, Janusz Staniszewski, Michal Batory.

Après 1945, l’affiche polonaise exhibe en permanence les contradictions de la vie politique et culturelle. L’idéologie monolithique des slogans se pare de signes graphiques originaux pour convaincre, tente d’arborer une inventivité que l’affiche culturelle, de son côté, pour le théâtre, le cinéma ou l’opéra explore systématiquement. Alors que la littérature est enrôlée ou censurée, le dynamisme créateur s’oppose au dogme et aux normes imposées ; dans un rapport novateur au public, un dialogue sur le plan de l’imaginaire faute d’autre, les meilleurs graphistes parviennent â exprimer des talents considérés par ailleurs comme socialement utiles.

Les affiches dites culturelles, émancipées du carcan publicitaire, comme les affiches politiques naissent dans les conditions particulières de la Pologne d’un même creuset : un art de la propagande indispensable au nouveau régime. La plupart des grands noms répondent aux commandes d’Etat, avant que les plus novateurs profitent d’un espace de liberté pour développer l’affiche de spectacles dont la réussite a fini par éclipser l’immense production propagandiste. Mais vantant les multiples réalisations Culturelles de la Pologne Populaire à l’intérieur et surtout a l’étranger, ce type d’affiche constituait aussi une excellente publicité ou propagande pour le régime !

Dans les années 70, la propagande du succès économique escompté d’Edward Gierek joue sur d’autres registres, avant le retour, dans l’Etat de guerre à une propagande dénonciatrice et sommaire. Entre temps, avec le syndicat indépendant et autogéré Solidarité, le mot-slogan-signe-sigle Solidarnosc s’affiche dans une iconosphère en expansion, jusqu’en pin’s ou épinglettes ! A partir de 1989, confrontée à la pub, aux panneaux géants de la réclame mondialisée, l’affiche polonaise émigré inexorablement vers les collections privées et les musées.