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27 mars 2003 - 14 juin 2003

Présentation

La guerre d’Espagne (1936-1939) est le premier grand conflit de l’ère des médias : journaux, magazines, radio, actualités cinématographiques permettent à l’opinion publique de suivre les événements au jour le
jour. Les mouvements de solidarité avec la République se développent dans toute l’Europe et en Amérique.35 000 volontaires venus de plus de 50 pays s’engagent aux côtés des Républicains, essentiellement au sein des Brigades internationales. Leur épopée devient mythique dès les premiers combats. Les reporters photographes ont largement contribué à la popularisation de cet engagement international. Les plus connus (Capa, Chim, Taro, Namuth) ont vu leur travail publié sous leur nom par les plus grands magazines et quotidiens de l’époque. Un large panel de cette activité est présenté dans l’exposition qui s’articule autour de quatre fonds jamais encore montrés au public français.

Des “vintages” de Capa jamais exposés en Europe

Les commissaires de l’exposition ont exhumé des tirages d’époque de Robert Capa et Gerda Taro, photographes majeurs qui se sont engagés dans cette guerre en revêtant l’uniforme républicain et en usant de
leur Leica comme d’une arme. Ils ont réalisé d’importants reportages en suivant les Brigadistes (en particulier ceux de la Brigade Thaelmann et du bataillon franco-belge), lors de la bataille de Madrid, à l’instar de David Seymour dit Chim – présent également dans l’exposition. Les tirages d’époque de Capa et de Taro proviennent, pour la plupart, de l’International Center of Photography de New York. Ces œuvres de grand format - dont certaines sont annotées par Capa lui-même portent en elles les traces du long parcours qui les a menées d’un journal et d’un magazine à l’autre.
Les photographies qui ont servi à produire le somptueux ouvrage édité à Londres en 1937, La lucha del pueblo español por su libertad, et qui viennent d’être acquises par la Bibliothèque nationale d’Espagne, seront également exposées.

L’Albacete des Brigades internationales que n’ont jamais vue les Espagnols

L’an passé un ouvrage a été publié en Espagne sur l’un des plus grands photographes espagnols, Luis Escobar, dans lequel on peut voir de magnifiques clichés sur la vie à Albacete, où le photographe possédait un atelier dans les années 1920. Toutefois, le livre omettait de faire figurer les photographies des milliers de volontaires des Brigades internationales qui y étaient passés entre 1936 et 1938, et qui s’y firent photographier.
Un nombre important de ces photos, détruites par sécurité lors de la victoire franquiste, a pu être retrouvé en Suisse, en France, à Londres, à Bruxelles... et être identifié grâce à leur décor en studio caractéristique dans lequel les volontaires s’y faisaient tirer le portrait en uniforme, couteau et revolver au côté, avant de partir pour le front.

Le photographe officiel des Brigades retrouvé

D’autres photos prises à Albacete ont également ressurgi par hasard : elles sont conservées aujourd’hui à Budapest. Elles sont l’œuvre du brigadiste Desvo Revai, dit Turaï, un communiste hongrois - sosie de Jean Marais - qui savait manier le Rolleiflex avec talent. De son travail en Espagne, il ne subsiste dans son pays, qu’une centaine de clichés : les réfugiés dans le métro de Madrid, les Brigadistes à l’entraînement, les manifestations qui célèbrent l’anniversaire de leur arrivée à Albacete et enfin le camp de Gurs, où beaucoup de Brigadistes furent internés. En retrouvant ces clichés, il a paru évident que d’autres photographies - originales ou reproduites dans des brochures - avaient été prises par lui : Turaï, tombé dans l’oubli, avait fait office de photographe officiel des Brigades.

Pour la première fois, des photos des archives de Moscou apparaissent

Les documents des Brigades internationales, qui se trouvent aujourd’hui dans le fonds d’archives du Komintern, les fameuses “archives de Moscou”, ont pu être consultés par l’un des commissaires de l’exposition, après la chute du bloc soviétique, au début des années 1990. Parmi ces milliers de documents, qui n’avaient pas vu le jour depuis 60 ans, beaucoup portaient des cachets de photographes espagnols.
Les Russes ont bien voulu accepter d’en prêter quelques-uns au Musée d’Histoire contemporaine. Ces tirages – tous originaux, selon le principe de l’exposition - seront exposés aux côtés des magnifiques
revues (Regards en particulier, mais aussi Vu, AIZ, etc) et ouvrages qui informaient régulièrement le public des années 30 sur l’évolution du conflit.

Photographies, revues, albums et affiches exposés proviennent du monde entier : New-York, Moscou, Londres, Budapest, Bruxelles, Gand, Amsterdam, Genève, Madrid, Barcelone, Salamanque… et Paris.
Ils permettent de faire redécouvrir le travail de grands photographes espagnols - ou étrangers ayant travaillé en Espagne - tombés dans l’oubli depuis la chute de la République espagnole : Albero y Segovia, Luis Torrents, les frère Mayo, Walter Reuter…