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2 décembre 2011- 26 février 2012
Musée d’Histoire contemporaine BDIC

Présentation

À ma gauche, Leonid Brejnev et sa femme en 1970 : visages figés d’une gérontocratie stalinienne. A ma droite, Gorbatchev et son épouse Raïssa en visite officielle en 1985 : tout sourire et gestuelle décontractée. Un monde sépare ces deux photos. L’exposition organisée par la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC), au musée de l’Armée à Paris, revient sur cet incroyable basculement qui vit l’effondrement de l’URSS : une perestroïka (« reconstruction » en Russe) d’une ampleur stupéfiante et dont les ondes de choc fissurèrent non seulement le système politique mais se propagèrent aussi dans la vie de tous les jours.

Affiches, photographies de presse, slogans témoignent de ces mutations et des changements apportés par Mikhaïl Gorbatchev, secrétaire général du Parti communiste depuis 1985, Prix Nobel de la paix en 1990, plébiscité par les chancelleries occidentales mais dont l’aura médiatique ne pouvait colmater les considérables difficultés économiques à l’intérieur de son pays. Avec lui, la parole politique se libère : on parle désormais des ravages de l’économie parallèle, de la pratique des pots-de-vin, de la nécessité de lever le voile sur le passé. L’introduction des règles du marché avec le développement du secteur privé, la guerre en Afghanistan, la sexualité, la sclérose de l’infrastructure industrielle sont des questions enfin abordées par les médias, bénéficiant d’une levée de la censure. Mais rompre avec les habitudes passe encore par l’usage d’une propagande qui a conservé ses codes. Les affiches contre les « abus de l’administration », fustigeant le gaspillage ou l’absentéisme au travail - « Ne pas travailler, c’est déserter », scande l’une d’elles en 1988 - traduisent une volonté d’en finir avec l’ancien régime tout en conservant une syntaxe qui a fait ses preuves. Et le culte de la personnalité d’un Gorby pré-high-tech, visitant kolkhozes et usines, participe d’une communication politique destinée à convaincre que le pouvoir vient au-devant de son peuple.

Le dégel dont les ondes de choc se déployèrent dans tous les pays satellites se comprend remarquablement dans cette exposition thématique. On reste toutefois sur sa faim, car elle aurait mérité plus de place, ne serait-ce que pour rappeler combien l’esthétique des affiches, sans doute en raison de la calligraphie cyrillique, évoque parfois l’art nouveau du début du XXe siècle. La légende d’une impressionnante affiche rouge, représentant un Staline au corps de brique, résume le ton de cette période historique : « Plus jamais ça ». Mais une autre, dont la dernière lettre de CCCP est un point d’interrogation inquiet, pourrait s’appliquer à la Russie d’aujourd’hui.

Documents joints
Livret pédagogique
Communiqué de Presse