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9 octobre 2010 — 23 janvier 2011
Musée de l’Armée

Présentation

Dans le cadre de l’Année France-Russie -2010, le musée de l’Armée et le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg s’associent pour présenter à l’automne 2010 une exposition consacrée à l’histoire de la Garde impériale russe, et plus largement à l’histoire de la Russie, que cette institution a marqué dans toutes ses composantes – militaire, sociale, politique.

Cette exposition, fruit d’une coproduction exceptionnelle entre les deux établissements, permettra de rassembler plus de 130 objets issus de leurs collections – uniformes, armes, iconographie… Le musée des cosaques de Courbevoie apportera également sa contribution par le prêt de quelques pièces.

Pendant plus deux cents ans, des années 1700 à la révolution de 1917, l’histoire de la Garde Impériale russe est intimement liée à celle de la Russie, jusqu’à devenir le miroir le plus fidèle de sa richesse et de sa complexité.

L’exposition retrace cette histoire en cinq séquences chronologiques :
- la naissance de la Garde impériale russe : créée sous le règne de Pierre le Grand (1682-1725), les objectifs de cette nouvelle institution sont à la fois politiques et militaires. Discipline, honneur et obéissance caractérisent officiers et soldats, soutien fidèle de l’empereur, au service du nouvel État
- la Garde au cœur de la société : après la mort de Pierre le Grand, le pouvoir de la Garde s’affirme. Elle joue un rôle majeur dans les coups d’État du XVIIIe siècle (Catherine 1ère, 1725 ; Anne, 1730 ; Elisabeth, 1741 ; Catherine II, 1762).

À cette époque, la Russie accède au statut de grande puissance européenne ; ses liens économiques, politiques et culturels avec l’Europe occidentale influencent la société de Saint-Pétersbourg, où la Garde constitue près de 30% de la population.
- les guerres napoléoniennes : des humiliations d’Austerlitz et de Friedland à la « Guerre patriotique » et à leur aboutissement glorieux avec l’arrivée à Paris des troupes d’Alexandre Ier.. De ces victoires naissent un enthousiasme populaire général et un véritable sentiment national. Elles constituent ainsi la légende fondatrice de l’État russe.

La Garde et les héros de la Guerre patriotique incarnent véritablement, aux yeux des russes, cette époque glorieuse. De cette exaltation naît le romantisme russe. Les poètes et romanciers évoquent la Garde, à la fois témoin et acteur de son temps, nimbée d’une aura sans pareil. On la retrouve dans des œuvres comme Le Cavalier d’airain de Pouchkine (1833), ou chez Tolstoï dans Anna Karénine (1877) et Guerre et Paix (1865-69). Dans les années suivantes, la Garde continue à s’illustrer en participant activement au « mouvement de libération », marqué par l’insurrection des Décembristes, événement majeur dans l’histoire et la mémoire collective russes.
- splendeur de la Garde : l’époque du règne de Nicolas Ier est paradoxal. Époque réactionnaire marquée à la fois par l’écrasement de l’insurrection polonaise et par la défaite des troupes russes dans la guerre de Crimée.
Époque faste pour la Garde qui « brille en société » lors des parades et des bals organisés à Saint-Pétersbourg, devenue la plus grande capitale militaire de l’Europe.
- la fin de la Garde : Lors des règnes des empereurs Alexandre II (1855-1871), Alexandre III (1881-1894) et Nicolas II (1894-1917), le nombre des régiments de la Garde s’accroit. Des parades fastueuses à la guerre russo-turque de 1877-1878, elle constitue toujours un pilier inébranlable du trône. Cependant, ses officiers, désintéressés de la vie politique, ne perçoivent pas les signes des grandes secousses sociales qui se préparent. Aussi, en 1914, en envoyant au front la quasi-totalité des soldats de la Garde, décimés au combat, Nicolas II se prive de ses plus sûrs soutiens. Lorsque le mouvement révolutionnaire embrase la capitale, il n’y reste presque plus de troupes acquises à la cause de la monarchie.

C’est donc dans le brasier de 1917 que s’achèvent l’histoire de l’Empire russe et celle de sa Garde. De nombreuses familles d’officiers se réfugièrent à Paris. Un important ensemble d’objets leur ayant appartenu est aujourd’hui conservé par le musée de l’Armée.

Sur le Web : www.invalides.org
Documents joints
Dossier de Presse