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3 décembre 2010 - 20 février 2011
Musée des Lettres et Manuscrits

Présentation

Dans cette exposition qui présente quelque 160 pièces extraites de l’exceptionnelle collection acquise auprès des ayants-droit de Romain Gary, le Musée des lettres et manuscrits propose un itinéraire tour à tour thématique et biographique de l’écrivain à travers ses écrits, manuscrits, correspondance, photographies, pour l’essentiel jamais exposés.

Trente ans après sa mort, il fait revivre l’auteur, le diplomate, le journaliste, l’homme de théâtre et de cinéma, le gaulliste, le résistant, le séducteur et le grand mystificateur à travers sa part la plus intime peut-être et la plus émouvante, son œuvre elle-même, mise à nu dans son processus de création à travers des manuscrits, parfois profondément remaniés.

Le parcours commence par l’enfance plus que modeste à Vilnius puis à Nice du jeune Roman Kacew, entre un père absent mais bientôt réinventé et une mère qui nourrit pour lui les folles ambitions qu’il tentera une vie entière de satisfaire.

Il se poursuit par l’engagement de Gary dans la Résistance, auprès du Général de Gaulle à qui il vouera une indéfectible admiration, puis après-guerre par sa carrière de diplomate (notamment aux Nations-Unies à New York). Consul de France à Los Angeles en 1957, il contourne son devoir de réserve en prenant le pseudo de Fosco Sinibaldi pour brocarder l’action de l’ONU dans L’Homme à la colombe, premier roman écrit sous pseudo.

Une place de choix est accordée au célèbre roman La Promesse de l’aube écrit en 1960, mélange de récit autobiographique et d’invention, déjà, de sa vie. Emouvant hommage à une mère dont l’amour fusionnel et follement ambitieux se révèle être un cadeau empoisonné, il dresse le portrait inoubliable, douloureux, drôle et amer d’une femme à la force hors du commun : « Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu’à la fin de ses jours (…). Je ne dis pas qu’il faille empêcher les mères d’aimer leurs petits. Je dis simplement qu’il vaut mieux que les mères aient encore quelqu’un d’autre à aimer ». Le chapitre XXII, inédit dans la version française jusqu’en 1980 (où parut l’édition définitive en Folio) est présenté dans l’exposition.

L’histoire d’amour avec Jean Seberg, rencontrée en 1959, est notamment présentée à travers des photos et un poème inédit, en français, de l’actrice, et par la présentation de Chien Blanc (1970), qui laisse apparaître en filigrane l’imminente séparation du couple. L’amour et la place de la femme dans la vie de Romain Gary, grand séducteur, sont également présents à travers le manuscrit de Clair de femme ou cette très belle lettre à Christel Kryland, où transparaît aussi son humanisme : « Souviens-toi que si je t’aime comme femme c’est aussi parce que je t’aime comme homme. (…) Et rien, jamais, ni le mariage, ni l’amour ni les enfants ne te rapprocheront de moi plus que ça : l’effort d’être un homme. »

Sur le Web : www.museedeslettres.fr
Documents joints
Communiqué de Presse
Dossier de Presse